Premiers autobus publics dans Kinshasa au 10 millions d’habitants

JUNIOR D. KANNAH [AFP]

JUNIOR D. KANNAH [AFP]

KINSHASA, Une cinquantaine de premiers autobus publics ont été mis en service lundi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo qui compte plus de 10 millions d’habitants qui, jusque là, disposaient d’un réseau de transports en commun en mauvais état et particulièrement dangereux.

Annoncés depuis plusieurs mois, 50 d’une série de 200 autobus, importés d’Egypte mais arborant le sigle d’une prestigieuse firme allemande, ont commencé à circuler en centre-ville sur deux lignes au départ de la gare centrale, l’une orientée est-ouest et l’autre nord-sud.

Ces deux axes, refaits à neuf par les Chinois, le boulevard du 30 juin 1960 et l’avenue de la Libération, ont été choisis car ce sont parmi les seuls carrossables de la ville. Ailleurs, des camionnettes privées brinquebalantes continueront d’assurer le transport des millions de Kinois par des voies étroites et embouteillées.

Ces camionnettes, équipées de bancs de bois et surnommées “Esprit de mort” en raison de leur dangerosité transportent entre 20 et 30 personnes. Leur réservoir est généralement un bidon placé entre les jambes du chauffeur, elles n’ont ni vitre ni rétroviseur, peu de freins. Le contrôleur est la plupart du temps juché à l’extérieur. Récemment l’une d’entre elles est tombée dans une rivière après avoir heurté une voiture, les 29 passagers sont décédés.

Les nouveaux autobus, dont les chauffeurs sont formés par la Régie autonome des transports parisiens (RATP), disposeront officiellement de 26 places assises et de 110 places debout, un nombre de passagers qui devrait en réalité être bien plus important, tant les Kinois sont habitués à se serrer dans les autobus et taxis collectifs.

Dés lundi, les clients se sont pressés aux arrêts de bus, attirés par des prix plus intéressant que ceux des “Esprits de mort” qui fractionnent les trajets. Un trajet dans ces nouveaux bus déjà surnommés par la presse les “Matata”, du nom du Premier ministre qui s’est investi dans ce dossier, coûteront uniformément 500 francs congolais (0,45 USD).

Selon un des responsables de l’entreprise Transco, qui ne peut être cité, le gouvernement a estimé à 1,5 millions de dollars la subvention annuelle qu’il lui faudra apporter au nouveau moyen de transport public. Au total 29 lignes devraient être ouvertes. La gratuité est accordée aux policiers, aux militaires et aux porteurs de sauf-conduits, mais à raison de deux personnes seulement par véhicule.

La principale inquiétude des promoteurs de ce projet reste l’attitude des conducteurs des quelque 5.000 “Esprits de mort” dont les propriétaires sont souvent des policiers et des militaires. Le gouvernement prévoit des contrôles techniques à partir de l’hiver prochain mais pratiquement aucun des “Esprits de mort” ne devrait pouvoir s’y conformer.